Ce que je pense

Et si on y réfléchissait

Publié le dimanche 3 août 2008

 

Et si on faisait le POINT

 

Il est des jours où tout être pourvu d’intelligence se pose des questions sur le chemin parcouru ; les conformistes l’appellent bilan les intellectuels ; point. Cet exercice est aussi important et d’autant plus utile pour la vie d’une Nation.

 

Le Bénin, depuis 1960 une fois son  indépendance acquise s’est vu balloter de régime paternaliste semi démocratique ou régionaliste à souhait en dictature marxiste sans omettre ces quatorze Présidents et autres pères de la Nation. 1960-2008 quarante huit ans 48 bonnes  années de démagogies, de gabegie, de gaspillage et de gestion calamiteuse qui imposent un POINT.

 

Loin de moi le pessimisme outrancier des semi réformateurs, mais il est des moments où même le plus optimistes des fils de l’homme se doit de se poser les bonnes questions.

 

Je nous épargne donc le passé lointain dans la si jeune vie de notre Nation; les historiens auront le loisir et la légitimité de raconter les années Maga ; Ahounmandégbé et Apithy célébrissime monstre à trois têtes ; les 17 mois Zinsou et leur fameux « tâkouè » furent aussi excitantes aux dires des ‘anciens’ mais, peu de faits y sont rattachables vu le cours instant de vie de ce chef d’Etat à la tête de l’enfant malade de l’Afrique. D’ailleurs, sur un rapport qualité, les années d’après les indépendances et leur ballet incessant de coups d’état permirent à nos pères de prouver leur ‘amour’ pour la Terre de nos Aïeux. Il est clair que le colon n’avait aucun intérêt à ce que l’enfant terrible qui plus est portait le nom du royaume résistant arriva à porter au firmament une  Nation ; ne serait-ce même l’idée d’une Nation naissante. Oui, je suis enfant du Bénin né avec le Bénin et le fameux discours programme du pas moins fameux Sergent Kérékou pardon ! Général Mathieu Kérékou. Je nous épargne disais-je les vielles années de notre si jeune Nation, mieux encore la Révolution populaire ; je me pose simplement sur les années du Renouveau Démocratique. Mais, toutes choses égales par ailleurs, elle se répète cette histoire de la division au Sud et d’union au Nord.

 

1989-90 à 2008 Nicéphore Dieudonné Soglo digne fils d’Abomey hérite du pouvoir sans effort aucun après des années de brimade et de résistance du peuple souverain ; une conférence nationale des forces vives et une transition avec son facteur unificateur et doublé du retour des fils et filles dispersés de part le monde entier et fiers tout à coup de voir leur Pays se lever ; ces cadres et autres intellectuels rentrèrent donc au bercail avec pour mission la bataille du ou pour le développement.

Malheureusement pour eux ce fut la bataille tout court ; Soglo refusa de partager le ‘pouvoir’ ignorant les fameux experts de la diaspora. L’arrogance du fils d’Abomey pris en un tour de mains le dessus ; le Clan entoura le roi et les courtisans autres jobards et  jocrisses jacassèrent à qui mieux- mieux impliquant une quasi omission de la masse herculéenne de besogne abattue par Nicéphore Soglo. Le contrôleur financier fut déposé par une intelligence supérieure dont quoi qu’on dise ou pense, il faudrait se méfier en la personne de Tévoédjrè Albert dit le renard de Djrègbé  et frère de Adrien Houngbédji ; une fois encore il suffit de rajouter le renard de Djakotomè pour avoir un célèbre quatuor qui s’aime et se déteste copieusement. Utilisant à n’en plus finir le jeu des alliances insipides pour faire et défaire les gouvernements successifs. L’allégorie du scorpion et de la grenouille si chère à Me Adrien Houngbédji trouve dans ce jeu incessant une conclusion peu radieuse sachant que son énoncé devrait éviter au scorpion de piquer la grenouille ; celle de celui qui scie la branche qui le soutient est aussi valable pour ce pays dont les fils, héritiers d’une histoire de haine mutuelle entre les anciens royaumes qui se sont toujours neutralisés.

 

Haine viscérale que les intellectuels n’ont pas réussi à purger ; sinon qu’il l’on exacerbés utilisant quand cela les arrangeait le régionalisme trempé des fils de ce pas pour se faire élire.

Elixir de malheur qui abreuve tout un peuple à chaque échéance électorale. La révolution n’y fit pas grand-chose puisqu’il suffit que des intérêts électoralistes refassent surface pour réveiller ce sentiment.

 

Mathieu Kérékou revint donc après Soglo profitant de la désunion du Sud et de l’union du Nord derrière un seul homme ; il prit donc un premier ministre qui soit dit en passant n’avait aucune légitimité constitutionnelle donc aucune reconnaissance devant l’Etat, ceci valu au titulaire du poste d’être copieusement ignoré par les ministres sous lui. Primature kpayo qui plomba l’avenir politique de Houngbédji  dont une autre erreur fut de dédaigner Porto Novo et sa mairie. Malin et fin tacticien  le Général, s’en servi pour éliminer toute future concurrence envers sa personne. En tout cas, il prouva une fois encore que son « Je vous connais et vous me connaissez » suffisait largement pour endormir le peuple Béninois qui, à la même particularité que tout autre peuple : son manque de mémoire.

On subira alors dix bonnes années de Kérékou II et III avec la valse des fils aimants qui plongèrent nos entreprises dans un marasme pire que celui laissé par Kérékou I et ses « intellectuels tarés » ; non cher Monsieur le Président la vraie tare fut votre retour au pouvoir sans aucune ambition réelle de ceux qui vous y aidèrent ; pour eux, votre présence signifiait gabegie, népotisme et détournement de deniers dans une impunité totale.

 

Votre retour aux affaires sans pour autant vous en laisser les vraies clefs fut calculé par une intelligentsia au fait de la réalité économique qui, s’est empressée avec votre aide de mettre sur orbite Yayi le Béni pardon Boni Thomas Yayi. Puisse le tout puissant de qui il se réclame lui procurer la clairvoyance sans aide éthylique.

 

Je voudrais donc faire une pose sur deux ans et trois mois de pouvoir du Dr Yayi Boni ; où en sommes nous mon cher Président ?

 

Quels sont nos atouts  et qu’en avons-nous fait ?

Economiquement que pensez vous de la chaise tournante des Directeurs de nos différentes entreprises et directions d’Etat ?

 

Quelles sont nos perspectives d’avenir ?

Quelle anticipation faisons-nous face à la situation géo économique du Bénin ?

 

Voilà quelques questions qui devraient nous permettre de faire un quasi bilan sur l’état réel de notre Nation.

 

Et si on faisait le point Monsieur ?

 

La conjoncture actuelle ne nous permet certes pas de prévoir un avenir reluisant. Mais, je me pose la question de notre niveau de dépendance face à la récession annoncée ? Voilà un ensemble de questions qui méritent réponses. Monsieur le Président faites nous un POINT sur vos promesses et réalisations sur notre marge de manœuvre sur notre potentiel réel. Dites nous par exemple pourquoi le Port autonome de Cotonou, poumon de notre économie est dans une léthargie prononcée qui démontre d’une certaine irresponsabilité ou plutôt d’une incapacité notoire à gérer un pays comme le Bénin. Et pourtant, après le vieux Kérékou III on se disait que n’importe qui ferait l’affaire. Eclairez s’il vous plait notre lanterne sur la campagne cotonnière et ses revenus ; la fameuse escorte et ses revenus dithyrambiques qui profitent à peine au peuple. Que faisons-nous Monsieur de notre agriculture quand le peuple crie famine ?

 

L’homme de la droiture a-t-il pu récupérer les deniers détournés ou s’en met-il lui-même et son Clan de jeunes loups plein la panse ?

 

Répondez Monsieur le Président ; éclairez ma lanterne et j’en suis sur, celle de nombreux Béninois. De grâce soyez clair et concis

 

Un Bilan Monsieur voila ce je demande ; faisons le Point.

 

Par koghigos
Le Dimanche 3 août 2008
à 06:53:43
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