Faut que ça change - vraiment!
Pourquoi tant de rage dans le cœur du peuple Noir et précisément de l’Africain ?
Le poids de l’histoire peut il à lui seul expliquer cette force qui anime toute une génération de Noirs d’Afrique, des Caraïbes, des autres îles et contrées où leurs ancêtres furent semés ?
Cela pourrait-il expliquer l’uniformité du discours qu’ils tiennent tous ? qu’ils soient sur le continent Noir ou ailleurs ?
Ce discours porté par des personnalités pudiquement appelées « objecteurs de conscience »intellectuels et autres et dont l’essence même se trouve depuis toujours ignorée par les dirigeants du monde entier entraînant ainsi une radicalisation au sein la jeunesse Africaine dont les seules demandes restent, la libéralisation des pensées l’ouverture des esprits et la démocratisation réelle de cette Afrique qui leur es chère.
L’Afrique a-t-elle perdu le chemin de la lutte réelle ?
Avons-nous oublié que tout est à faire sur ce continent, les appels des indépendances ont-ils cessé de retentir dans nos âmes pour toujours?
Nos hymnes sont ils éteints à jamais ?
Sommes nous aussi aveuglés ; obsédés par l’immédiat ; l’appât du gain mous consume t-il entièrement ?
Avons-nous en tant qu’homo-politicus pris la mesure de nos capacités et de nos limites ?
Une analyse s’impose avec une urgence criarde : 1960 à 2008 soit cinquante longues années qui ont apportées à l’Afrique instabilité, pillages incessants, guerres et génocides de toutes sortes.
Ce continent qui a néanmoins connu de Grands hommes dont les noms ornent les rues et places de plusieurs pays sur tous les continents ; avons-nous pu tirer les leçons de notre histoire récente ?
Pouvons nous nous demander ne serait-ce qu’une fois pourquoi tant de colère dans toute une génération ; pourquoi le rôle normalement dévolu aux intellectuels est assumé par des chanteurs et musiciens de tout bord?
L’Afrique connue l’esclavage puis on lui préféra les fameux missionnaires qui dans leurs valises apportèrent les colons assimilateurs. Par la suite, la décolonisation laissa la place à la coopération avec sa cohorte de dictatures sanglantes maintenues vaille que vaille pour assouvir la soif de richesse des anciens maîtres esclavagistes et des mères patries occidentales.
Puis vint l’ère des conflits engendrée par le grand vent de démocratisation imposé une fois encore par ces amis des Noirs ; nos grands amoureux de l’Afrique qui inventèrent la mondialisation pour mieux asservir et se servir.
Je me réveille de plus en plus en sursaut en pleine nuit pensant à cette Afrique des fiers guerriers dépeinte par David Diop dans son poème Afrique mon Afrique ; à cette caste des fous que prônait Thomas Sankara ou encore à cette interconnexion Africaine tant voulue par Nkrumah Kwame ; mais, jetant fatalement un coup d’œil au rétroviseur, je suis à chaque fois attristé par: La BETISE qui prends chaque jour, LE PAS et fait marché les Africains à son rythme ; les transformant trop souvent en pantins.
Alors la question est de savoir quelle Afrique nous voulons pour les générations futures, aurais-je le courage de vanter les mérites de ma chère Afrique étriquées et néanmoins dépecées à mes enfants ? Puis-je leur dire sans risquer de me parjurer que ce continent est celui vers lequel ils doivent regarder en faisant leurs projets ?
Autant de questions que je ne suis pas seul à me poser.
Alors je demande à nos démagogues à la tête des pays Africains ; n’avez-vous pas marre de courir derrière une chimère et de céder aux sirènes de la facilité, tendant la main à toute heure, tels des mendiants affamés qui quémandent leur pitance ?
Avons-nous le droit de brader le peu de ressources qui restent à nos supposés nouveaux potes dont l’appétit décuplé par une gloutonnerie résultant de la surconsommation nourrit elle-même une mondialisation qui sévit telle une invasion de sauterelles dans le Sahel ?
Je ne demande pas à l’Afrique de se fermée au reste du monde (elle n’en n’a de toutes les façons pas les moyens vu son niveau de dépendance), mais je nous demande de repenser notre « Coopération » et de soustraire à l’équation du développement notre Naïveté légendaire qui fait de nous le continent le plus exfolié ; le plus exploité et le moins reconnu au monde. Notre continuel état de béatitude fort aisément représenté par des dirigeants incapables de donner une orientation sérieuse et des programmes conséquents à leurs actions pour cette Afrique. Certes, nos dictateurs sont comme tous les autres connus dans l’histoire de l’humanité, des agris notoires auxquels se flanquent d’habitude comme des sangsues une ribambelle d’incompétents tous avides les uns plus que les autres d’un pouvoir qui ne leur appartient point ; assoiffés et cupides.
Des cas comme Robert Mugabe, Omar Bongo, Sassou Nguésso, Blaise Compaoré, Obiang Nguéma, Idriss Deby et bien entendu Lanssana Konté ne sont plus acceptables sur ce continent.
Si la démocratie est le gouvernement du peuple, elle se doit d’être respectée et installées convenablement, l’Afrique doit finir avec ces semblants de démocraties qui « intronisent » de virtuels hommes de changement sans aucune culture politique et qui polluent au lieu d’assainir le paysage et l’environnement politique.
La nouvelle génération de dirigeants doit résister à la tentation de tomber dans les travers du clanisme, du tribalisme et autres « ismes ». L’actuel cas du Bénin où tout talent ne proclamant pas le Dr Yayi Boni comme son maître à penser voire même son timonier se trouve systématiquement mis à l’écart avec les conséquences qu’on connait ; d’une la perte de son apport au développement du pays, la diabolisation qui s’en suit avec pour corollaires une marche aléatoire de l’actuel gouvernement qui pilote à vue et se trouve par ricoché dans l’obligation de réduire au silence toute sorte d’opposition fut-elle constructive.
Dérives graves qui font planées un risque d’atrophie sur le Premier système démocratique du continent Noir.
La question du comment penses-tu TON Afrique se pose ici sans détour.
Yayi Boni et ses sbires ont-ils pris le temps de penser leur action? Ou sont-ils comme à l’accoutumé arrivés au pouvoir pour penser le pouvoir ?
Ne serait-il pas temps de doter ce pays pourtant riche en intellectuels d’un président qui en comprenne le sens réel de son pouvoir et le pourquoi de sa présence ?
Avons-nous ce type d’homme en jachère ou devrions nous colmater les brèches en alignant UN qui ferait le moins de mal possible ?
Pouvons-nous mettre en place un programme digne de ce nom et applicable ensemble sans que comme à leur habitude les intérêts personnels ne viennent prendre le dessus sur le commun ?
Le dernier sursaut de l’opposition semble indiquer cela et tout le mal que je nous souhaite, c’est que les actuels ténors réussissent enfin à dépasser leurs ambitions personnelles car ceci est la dernière chance qui leur sera accordée. Que ceux qui ont des oreilles pour entendre entendent ; et que notre intelligence nous servent aussi à regarder ce qui se passe autour de nous dans le monde.
